Revue Suisse 5/2025

pas hésité à dépenser 10 millions de francs pour financer ce qui s’avère être une performance d’art contemporain!», raille-t-il. Cette attaque a fait réagir des Internautes, comme Maxime Derian, expert français en intelligence artificielle. «Les modèles open source américains et chinois ont un temps d’avance. Et alors? Les premiers modèles de ces pays étaient eux aussi très imparfaits. Votre modèle suisse est local. Les versions suivantes seront améliorées et finiront par être pertinentes d’ici deux à trois ans», prédit cet entrepreneur. Si Apertus fait des erreurs, c’est que le modèle n’est pas encore assez entrainé et manque encore de données. Antoine Bosselut va dans le même sens: «Nous avons assumé la part la plus chère du travail, qui consiste à construire et à entrainer le modèle. Celui-ci est désormais accessible gratuitement pour les futurs utilisateurs», défend le professeur de l’EPFL. thons», sortes de concours servant à tester des systèmes. Des étudiants ont utilisé cet outil pour créer des services. Voilà une interface qui facilite l’apprentissage de la langue tibétaine. Des petits malins on produit un système nommé «Mut zur Lücke» (le courage d’avoir des lacunes). Il indique aux étudiants quelles parties de leurs cours ils peuvent ignorer sans risquer d’échouer. La Ville de Zurich utilise aussi Apertus. «Je suis ZüriCityGPT et je sais (presque) tout sur ce qui est publié sur le site de la ville», annonce ce site. Avec des limites. Combien la municipalité compte-telle de policiers armés? Apertus ne peut «malheureusement pas vous aider», répond le robot. GPT est un peu plus malin. «Environ 1700 agents sont concernés par le port d’une arme de service, mais aucune source publique ne précise combien portent effectivement une arme en permanence», formule cette IA. Fait surprenant, Apertus a été livré sans interface permettant aux utilisateurs de rédiger des «prompts». Ce n’était pas le but: le LLM est là pour servir de matière première, indiquent ses créateurs. Cependant, chacun a pu aller tester Apertus à travers un logiciel – publicai.co – développé par une organisation américaine à but non lucratif. Des erreurs et des critiques En Suisse, les premiers commentaires sur Apertus se sont cristallisés sur des erreurs grossières. «J’apprends que le château de Chillon était à l’origine un petit village fortifié sur un rocher calcaire au milieu du lac», s’est moqué sur Linkedin le journaliste romand François Pilet, l’un des fondateurs du site d’investigation Gotham City. Qui s’étonne du rapport qualité-prix de l’opération. «Alors que les EPF viennent de tripler les taxes pour les étudiants étrangers, elles n’ont Les modèles d’IA doivent être «entraînés». Dans le cas d’Apertus, c’est le super ordinateur suisse ALPS qui a été utilisé pour ce faire. Il se trouve à Lugano. Photo Keystone Revue Suisse / Décembre 2025 / N°5 13

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