Revue Suisse 5/2025

Accords bilatéraux: l’UDC dit non, tous les autres partis disent oui La question de politique intérieure sans doute la plus importante en Suisse en ce moment est celle-ci: après la «crise relationnelle» qu’elle traverse depuis des années avec l’Union européenne, doit-elle conclure de nouveaux accords bilatéraux avec elle? Tous les grands partis politiques de Suisse viennent de prendre position sur le paquet d’accords, qui compte pas moins de 1800 pages. De prime abord, le tableau semble clair: l’UDC est le seul parti qui s’y oppose. Il a d’ailleurs annoncé qu’il le combattrait activement. Ce paquet d’accords, appelé familièrement «Bilatérales III», est en revanche soutenu, sur le principe, par le PS, le PLR, le Centre, les Verts et le PVL, avec quelques corrections souhaitées çà et là. Le peuple aura le dernier mot, mais la date de la votation n’a pas encore été fixée. (MUL) Par crainte des investisseurs étrangers, trois communes rachètent leur domaine skiable Après de premiers rachats et repositionnements de domaines skiables suisses par des investisseurs américains, trois communes grisonnes – Flims, Laax et Falera – réagissent: elles rachètent pour plus de 90 millions de francs les remontées mécaniques de la «Weisse Arena». Les votes des habitants des trois communes ont été très clairs à ce sujet. En reprenant cette infrastructure de sports d’hiver, les communes veulent assurer des emplois et le maintien du domaine skiable dans leur région. (MUL) Neige rare en hiver, canicule en été: les glaciers suisses continuent de fondre à toute allure En 2025, la fonte des glaciers a une nouvelle fois été énorme en Suisse. Un hiver pauvre en neige combiné à des vagues de chaleur en juin et en août a entraîné une perte de 3 % du volume des glaciers. Il s’agit du quatrième plus fort recul depuis le début des mesures. Les glaciers ont ainsi perdu un quart de leur masse au cours des dix dernières années. Ces résultats ont été présentés en octobre par le réseau des relevés glaciologiques suisse et la Commission suisse pour l’observation de la cryosphère. (MUL) 100 000 réfugiés reconnus vivent actuellement en Suisse, malgré le petit nombre de demandes Deux tendances s’observent actuellement dans le domaine de l’asile en Suisse: le nombre de demandes d’asile a sensiblement reculé depuis 2024, mais le nombre de réfugiés reconnus reste élevé. Il atteint actuellement plus de 100 000 personnes, sans compter les quelque 70000 Ukrainiens, qui bénéficient d’un statut de protection spécial («S»). Le taux de remplissage élevé des structures d’asile malgré le petit nombre de demandes constitue un défi en particulier pour le gouvernement national, car les cantons concernés exigent des solutions et de l’aide. (MUL) Susanne Vincenz-Stauffacher et Benjamin Mühlemann Ils ont pris les rênes du PLR Suisse: Susanne Vincenz-Stauffacher est une conseillère nationale et avocate saint-galloise de 58 ans, et Benjamin Mühlemann un conseiller aux États et expert en communication glaronnais de 46 ans. Ce type de coprésidence a déjà existé dans des partis de gauche, mais elle est inédite pour les libéraux-radicaux. Une mission ardue attend le duo. Le fier PLR, qui existe depuis plus de 130 ans et était autrefois le pilier de l’État, s’essouffle. Son électorat n’a cessé de fondre ces dernières années, n’atteignant plus que 14 % lors des dernières élections nationales. Le PLR arrive désormais en 3e place derrière le parti national conservateur de l’UDC et le PS. S’il ne parvient pas à se renforcer d’ici aux élections de 2027, il pourrait perdre un de ses deux sièges au gouvernement national. Ce serait une rude chute pour une force politique qui, dans les 40 premières années de l’État fédéral, a fourni tous les conseillers fédéraux. Le nouveau duo à sa tête couvre un large spectre: elle passe pour progressiste, lui pour conservateur. Tous deux voient cela comme un atout et se disent optimistes. Le PLR est le «parti de la sécurité», son but est de préserver la prospérité. Mais les divisions qui le déchirent sont apparues au grand jour lors de l’assemblée des délégués en octobre à Berne, lors de laquelle le duo a été élu. Auparavant, une vive controverse avait éclaté sur les nouveaux accords avec l’UE. Les médias ont parlé d’un «jour fatidique» pour le parti. Finalement – et après un débat civilisé – c’est le oui qui l’a nettement emporté. Le PLR a ainsi suivi le ministre des affaires étrangères libéral-radical, Ignazio Cassis, en se positionnant comme un parti pro-européen. Vincenz-Stauffacher a voté pour les accords, Mühlemann contre. L’avenir dira si la décision de la base renforcera le profil du parti ou refroidira ses électeurs. SUSANNE WENGER Revue Suisse / Décembre 2025 / N°5 8 Sélection Nouvelles

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