Nouvelles du Palais fédéral Réussir son intégration sur le marché de l’emploi en Suisse Une intégration ou une réintégration sur le marché de l’emploi suisse est un grand défi dans lequel certains courageux et courageuses sont prêts à se lancer. Choisir son orientation professionnelle nécessite la prise en compte de nombreux facteurs. Voici quelques pistes de réflexion, défis et opportunités, afin d’anticiper au mieux une future intégration professionnelle en Suisse. AMANDINE MADZIEL Le multilinguisme en Suisse est une variable à considérer dans l’équation de la recherche d’un emploi. Maîtriser au moins une langue nationale est une condition quasiment essentielle afin d’obtenir un emploi. Les langues étrangères peuvent également être un atout majeur dans de nombreux secteurs, comme les entreprises internationales, l’hôtellerie et le tourisme. Ces exigences linguistiques peuvent cependant être un frein au retour pour nos concitoyens. Il en va de même concernant le coût d’installation ou de réinstallation en Suisse. Ce facteur incite souvent les Suisses de l’étranger sur le retour à se diriger dans un premier temps vers les régions où vivent leurs proches, ne serait-ce que pour bénéficier d’une aide à l’hébergement. Cette stratégie est évidemment légitime, mais Christine Joray, collaboratrice scientifique au SECO dans le domaine du marché du travail et réinsertion, relève l’importance de mener une réflexion préalable: «Une analyse des potentielles entreprises et des employeurs situés dans la région de prédilection est indispensable au succès d’une future intégration professionnelle en Suisse». Il est donc judicieux de choisir son futur domicile en connaissance de cause. Un bilan de compétences, afin de définir en amont son projet professionnel, peut également s’avérer fructueux. Dans cette démarche, une reconnaissance de diplôme est souvent la case obligatoire explicitement requise par la loi afin de pouvoir exercer une profession en Suisse. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), est compétent pour la reconnaissance des diplômes étrangers. Le réseau international ENIC-NARIC regroupe les organismes de reconnaissance des pays membres de l’UE et/ou du Conseil de l’Europe. Pour les diplômes dans le domaine de la santé, la Croix Rouge Suisse dispose de la compétence. Il convient de s’informer sur les différentes démarches à entreprendre avant le Il pourrait manquer plusieurs milliers de travailleurs qualifiés en Suisse ces prochaines années, notamment dans le domaine technologique. Photo Keystone ting, etc., il n’existe pas de loi ou de règlement fédéral imposant des conditions strictes. Il appartient donc à l’employeur ou à l’employeuse d’apprécier le niveau du diplôme. Il n’existe pas en Suisse de liste centralisée unique des professions réglementées, mais plusieurs autorités fédérales et cantonales recensent les professions nécessitant une autorisation, une reconnaissance de diplômes ou une inscription à un registre. Il est également important de souligner qu’il existe des différences cantonales. Pour la profession d’architecte par exemple, l’exerretour, afin de ne pas avoir de mauvaises surprises. Une reconnaissance de diplôme n’est pas toujours possible et peut générer de grandes frustrations. Il faut alors considérer des options alternatives. Christine Joray souligne que: «Mentionner une expérience internationale sur son CV peut être un véritable atout concurrentiel». Les Suisses de l’étranger possèdent des points forts indéniables dans les postulations. L’expérience internationale et les compétences interculturelles acquises en vivant à l’étranger sont particulièrement appréciées dans les entreprises internationales. De grandes capacités d’adaptation et de résilience sont également recherchées par la plupart des employeurs. Les professions non réglementées peuvent également présenter des opportunités pour les Suisses sur le retour. Pour de nombreuses professions telles que coiffeur, jardinier indépendant, peintre en bâtiment, community manager, consultant en marke- «La maîtrise d’une langue étrangère est un véritable atout dans la course au job» Christine Joray, SECO 28 Revue Suisse / Juillet 2025 / N°3
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