Revue Suisse 5/2025

moyen de paiement ne nécessite ni électricité, ni connexion Internet. En outre, il ne laisse aucune trace dans les données et protège ainsi la sphère privée financière. Enfin, il permet d’éviter les taxes prélevées sur les cartes de crédit et les applications de paiement. La plupart des entreprises considèrent donc que l’argent liquide est un moyen de paiement avantageux. De l’épargne en cash Le Conseil fédéral et le Parlement veulent inscrire l’approvisionnement en numéraire par la BNS explicitement dans la Constitution fédérale. Ils donnent ainsi suite à l’initiative «L’argent liquide, c’est la liberté» déposée en 2023. Le peuple se prononcera sur ce texte et sur un contre-projet au printemps prochain (voir encadré, p. 7). À côté de la consommation, l’argent liquide sert aussi d’épargne à de nombreuses personnes, conservé dans un bas de laine ou dans un coffre. C’est ce que semble indiquer la part de «gros» billets qui circulent: les plus de 36 millions de billets de 1000 francs que les gens détiennent représentent près de la moitié de la valeur de l’ensemble des billets en circulation. La BNS ne peut calculer précisément combien d’espèces la population suisse conserve effectivement à la maison ou dans un coffre. «C’est tout simplement impossible de le savoir», déclare Peter Eltschinger. Cependant, la part des «vieux» billets de banque qui, à ce jour, n’ont pas été récupérés par la BNS donne un indice. Il s’y trouve notamment plus de 170 000 billets de 500 francs qui n’ont plus officiellement cours depuis 25 ans. La valeur totale des billets de séries rappelées s’élève à plus de 9 milliards de francs. Il est très probable que ces «vieux» billets dorment dans quelques tiroirs oubliés, à moins qu’ils n’aient été perdus. La bonne nouvelle étant que s’ils ne sont plus acceptés pour payer dans les magasins, ils peuvent toujours être échangés à la BNS, sans limite de temps. Sur son site www.snb.ch, la BNS délivre des informations à ce sujet. Son représentant conseille aux Suisses de l’étranger concernés de se renseigner pour savoir si un envoi postal sécurisé est possible depuis leur pays de résidence ou s’ils peuvent échanger ces billets dans une banque en Suisse. Nouveaux billets à partir de 2030 La BNS prévoit déjà d’émettre une nouvelle série de billets de banque. La durée de vie d’une série s’élève à environ 15 à 20 ans. La série actuelle a été introduite entre 2016 et 2019 et symbolise la diversité de la Suisse. Pour la conception de la nouvelle série, la BNS a lancé un concours de graphisme il y a un an autour du thème «La Suisse, tout en relief». Chacun des six billets d’une valeur de 10, 20, 50, 100, 200 et 1000 francs devra ainsi refléter la «topographie unique» du pays. Participation publique Pour la première fois, la population a pu donner son avis sur les douze projets soumis par des graphistes. En l’espace de trois semaines, plus de 100 000 personnes les ont consultés sur Internet pour faire part de leurs préférences. «Cette forte participation nous a positivement surpris», relate Peter Eltschinger. À l’automne, la BNS a retenu six finalistes – dont les projets sont visibles sur son site web –, parmi lesquels le lauréat sera désigné au printemps de 2026. Commencera alors la poursuite du travail de conception de la série. Les nouveaux billets seront mis en circulation au début des années 2030 et serviront de cartes de visite à la Suisse dans le porte-monnaie de ses citoyens. Le design des nouveaux billets de banque fait l’objet d’un concours. Ici, deux des projets soumis. Photo Keystone Des pièces de 20 centimes usagées passent dans la machine de tri. En 2024, des pièces de monnaie d’une valeur totale de 3 milliards de francs étaient en circulation. Photo SNB Revue Suisse / Décembre 2025 / N°5 7

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