CHRISTOF FORSTER À la mi-février 2022, le Conseil fédéral lève les dernières mesures liées au coronavirus. Un peu plus d’une semaine plus tard, le gouvernement est à nouveau fortement sollicité. Mais au début, il a du mal à repasser en mode crise. Après l’invasion russe en Ukraine, le président de la Confédération, Ignazio Cassis, évoque un «triste jour» devant les médias, et parle de sanctions en termes vagues. Le lendemain, le gouvernement fait de nouvelles déclarations, à trois cette fois, sans qu’une ligne claire ne se dégage encore. Pendant ce temps, les images bouleversantes en provenance d’Ukraine émeuvent les Suisses et des manifestations contre la guerre se déploient à plusieurs endroits. Après la guerre froide et la crise des Balkans dans les années 1990, l’Europe s’est habituée à la paix. Il y a bien eu des combats à l’est de l’Ukraine depuis 2014, mais les Suisses ne prennent véritablement conscience que les tensions peuvent dégénérer en conflit armés qu’au moment où la Russie lance sa guerre à grande échelle contre Kiev. Guerre en Ukraine: quelles répercussions sur la Suisse? La guerre en Ukraine, qui a commencé il y a quatre ans, a aussi des répercussions sur la Suisse. Le débat sur l’armement et la neutralité s’enflamme, l’armée a de nouveau le vent en poupe et l’afflux de réfugiés du pays en guerre a entraîné un durcissement de la politique d’asile. Concrètement, les conséquences prennent la forme d’un important afflux de réfugiés ukrainiens, y compris en Suisse. Un nombre croissant de voitures immatriculées UA se mettent à circuler sur les routes du pays, et des drapeaux ukrainiens bleu et jaune fleurissent sur les façades. La population se montre solidaire, les caisses de l’armée sont renflouées et le Parlement se demande s’il doit, comme par le passé, fournir à chaque soldat un paquet de munitions. Tout cela est aussi une conséquence du bouleversement de la situation sécuritaire sur le continent européen. Débat épique sur la neutralité En reprenant les sanctions européennes contre la Russie, le Conseil fédéral ouvre un débat épique sur la neutralité de la Suisse, qui se poursuit aujourd’hui encore. Sur ce, l’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher (UDC) annonce le lancement d’une initiative populaire. Pour lui, les sanctions économiques sont des armes de guerre. Faire Dans la vie de tous les jours, les réfugiés ukrainiens se font peu remarquer, à quelques exceptions près, comme ici lors d’une manifestation contre l’invasion russe à Zurich. Photo d’archive Keystone, février 2025 Revue Suisse / Février 2026 / N°1 12 Société
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