Aperçu des votations du 8 mars 2026 Inscrire le franc suisse dans la Constitution L’initiative sur l’argent liquide exige que l’État garantisse durablement l’approvisionnement en pièces et en billets. Pour ses auteurs, l’argent liquide garantit la liberté individuelle et protège la sphère privée. Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’objet, lui préférant le contre- projet plus modéré (voir «Revue Suisse» 5/2025). Moins d’argent pour la SSR La redevance de radio-télévision doit-elle baisser de 335 à 200 francs par ménage et être complètement abolie pour les entreprises? C’est ce qu’exigent l’UDC et les Jeunes libéraux-radicaux avec leur initiative «200 francs, ça suffit!». À ce sujet, voir notre dossier «En profondeur». Investir davantage dans la protection climatique L’initiative pour un fonds climat exige que la Suisse combatte plus résolument le changement climatique. Pour ce faire, notre pays devrait verser chaque année entre 0,5 et 1 % de son PIB dans un fonds et investir plusieurs milliards de francs dans la décarbonation des transports, des bâtiments et de l’économie. Abolir la pénalisation du mariage Les personnes physiques devraient payer leurs impôts de manière individuelle, sans que leur état civil ne joue plus le moindre rôle. Le Conseil fédéral et une majorité du Parlement veulent abolir la «pénalisation du mariage» et soutiennent la nouvelle loi fédérale sur l’imposition individuelle. Actuellement, les couples mariés sont taxés en commun, ce qui peut entraîner des désavantages en cas de double revenu. Le PLR, le PS, les Verts et les Vert’libéraux sont pour ce changement. Le Centre, le PEV, l’UDC et l’UDF sont contre et mettent en garde contre l’apparition de nouvelles injustices. Les cantons craignent d’importantes pertes fiscales. Les adversaires de l’initiative s’opposent à l’idée de surcharger le budget de l’État, dont la situation financière est déjà tendue. Ils critiquent le fait que le fonds exigé ne soit pas soumis au frein à l’endettement. «Ainsi, nous léguerions à nos enfants des montagnes de dettes», affirme le conseiller national Andri Silberschmidt (PLR), ce qui est, selon lui, tout sauf un comportement durable. Il met en garde contre les effets d’aubaine, qui naissent lorsqu’on subventionne des projets qui auraient de toute façon été réalisés. Ainsi, par exemple, la plupart des chauffages à mazout sont de toute façon remplacés aujourd’hui par des pompes à chaleur. Andri Silberschmidt note que les subventions publiques font rarement changer les comportements du tout au tout. Pour le conseiller national Nicolò Paganini (Le Centre), cette initiative «remplace l’efficacité par le symbole, la discipline budgétaire par l’automatisme et le contrôle démocratique par des ordres permanents». L’État devrait agir résolument Les partisans de l’initiative font observer que le changement climatique bouleverse déjà la Suisse. Cela s’est vu à Gondo (VS), au Tessin, à Brienz (GR) et récemment à Blatten (VS). «Ce sont nous, les êtres humains, qui en souffrons», note la Verte Katharina Prelicz-Huber. La nature survivra d’une façon ou d’une autre, dit-elle, mais notre habitat est menacé. Pour protéger les intérêts des générations à venir, l’État doit agir résolument et investir, pense la conseillère nationale PS Gabriela Suter. «Seules des mesures prévoyantes nous permettront d’assurer un avenir à nos descendants, et une vie aussi bonne que la nôtre.» Marc Jost, du PEV, renchérit: la Suisse en fait trop «L’initiative remplace l’efficacité par le symbole et le contrôle démocratique par des ordres permanents» Nicolò Paganini (Le Centre) explique pourquoi il rejette l’initiative «Le statu quo n’est plus une option. Manquer les objectifs climatiques coûte plus cher encore» Marc Jost (PEV) explique pourquoi il soutient l’initiative peu pour atteindre la neutralité climatique et satisfaire à ses obligations internationales. «Le statu quo n’est plus une option.» Il admet qu’il importe d’éviter de nouveaux déficits publics, mais relève que manquer ses objectifs climatiques coûte plus cher encore. Si l’initiative est acceptée, le nouveau fonds devra être disponible en 2029 au plus tard. Revue Suisse / Février 2026 / N°1 21
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