rait un impact bien plus fort qu’un impôt sur les successions. Lui-même serait prêt à payer davantage d’impôts, car, dit-il, il n’a pas fait fortune «juste comme cela: il [lui] a également fallu beaucoup de chance». Alfred Gantner considère la concentration croissante des richesses d’un œil critique: «Il est intolérable que certains, dans ce pays, possèdent des fortunes colossales, tandis que d’autres ne savent pas comment payer leurs primes d’assurance-maladie et leur loyer.» Aucune chance pour l’initiative service citoyen Le dimanche de la votation, la défaite a également été douloureuse pour les auteurs de l’initiative «Pour une Suisse qui s’engage», qui voulaient élargir la définition du service militaire obligatoire et l’étendre à toutes les citoyennes et tous les citoyens suisses sous la forme d’un service citoyen d’utilité publique («Revue» 4/2025). Le peuple n’a pas voulu en entendre parler: il a rejeté l’initiative avec 84,1 % de non. La Cinquième Suisse a elle aussi refusé clairement l’idée, avec 76,5 % de non. Pour Noémie Roten, co-initiante et force motrice de l’initiative, ce résultat montre «à quel point il est difficile pour un petit comité issu de la société civile de s’opposer à tout l’establishment politique». En effet, le projet d’un service de milice général a été combattu par plusieurs camps à la fois: la gauche critiquait ce nouveau «service obligatoire» imposé aux femmes, tandis que la droite craignait qu’un service citoyen aux contours aussi larges n’affaiblisse le service militaire classique. L’objectif des partis bourgeois est de toute façon de ramener davantage de jeunes hommes vers le service militaire. Car depuis l’introduction du service civil en 1996, de plus en plus d’hommes choisissent d’effectuer un service d’utilité publique pour la société plutôt que de servir dans l’armée. À l’automne 2025, le Parlement a donc décidé de rendre le service civil moins attrayant, notamment en allongeant la durée des engagements. La fédération pour le service civil Civiva, avec le concours du PS et des Verts, a lancé un référendum contre cet amendement de la loi. S’il aboutit, ce sera à nouveau le peuple qui aura le dernier mot. Non à l’impôt sur les successions des grandes fortunes 0 5 1015202530354045 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 33,4% L’initiative populaire «Pour une politique climatique sociale financée de manière juste fiscalement» a été sèchement rejetée à l’échelle nationale avec 78,3 % de non. La Cinquième Suisse l’a elle aussi retoquée, quoique moins clairement, avec une part de non de 66,6 %. Suisses∙ses de l’étranger «Non à l’impôt sur les successions des grandes fortunes»: voix favorables en % Non à un service citoyen pour tous 0 5 1015202530354045 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 23,5% L’initiative populaire «Pour une Suisse qui s’engage (initiative service citoyen)» a été balayée à l’échelle nationale avec 84,1 % de non. La Cinquième Suisse a rejeté l’objet avec 76,5 % de non. Tous les cantons se sont prononcés contre l’initiative. Suisses∙ses de l’étranger «Non à un service citoyen pour tous»: voix favorables en % Noémie Roten (au centre de l’image) et ses compagnons de lutte pour un service citoyen suivent les résultats le dimanche de la votation. À la fin de la journée, les sourires avaient disparu. Photo Keystone Revue Suisse / Février 2026 / N°1 23
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