SUSANNE WENGER L’émission scientifique à la radio? Supprimée. Le magazine de société à la télévision? Passé à la trappe. Quand, pour faire des économies, la radiotélévision suisse alémanique a biffé des programmes l’an dernier, des critiques se sont élevées. Des chercheurs ont lancé une pétition, des acteurs culturels exprimé leurs craintes. Mais la plus grande grogne a éclaté à la fin de 2024, quand la SSR a cessé de diffuser sur la bande FM pour passer au numérique. Un demi-million d’aude véritables expériences collectives en prime time. Les pièces radiophoniques et les émissions d’actualité à la radio, comme «Echo der Zeit», diffusée depuis 1945, vidaient les rues. Les grands divertissements du samedi soir et les séries suisses rassemblaient les familles devant leur poste de télé. Aujourd’hui, l’utilisation des médias est fragmentée et individuelle. «Le public se tourne vers la diffusion numérique, mobile et non linéaire», explique Ulla Autenrieth, spécialiste des médias à l’Université des sciences appliquées des Grisons. Une initiative pour réduire la redevance Néanmoins, la SSR reste une institution qui soulève les passions. En 2018, une initiative populaire visant à supprimer la redevance obligatoire de radiotélévision, par laquelle la Suisse finance le service public médiatique, a été rejetée par plus de 70 % des votants. À présent, l’Union démocratique du centre (UDC), certains Libéraux-Radicaux (PLR) et l’Union suisse des arts et métiers repartent à l’assaut pour réduire la voilure de la SSR. Leur initiative «200 francs, ça suffit!» veut faire baisser la redevance de 335 à 200 francs, et en exonérer complètement les entreprises qui, aujourd’hui, la La radiotélévision suisse est sous pression Changement de comportement des utilisateurs, mesures d’économies, suppression de postes: la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), l’entreprise suisse de médias financée par des fonds publics, fait face à de gros défis. Le 8 mars 2026, le peuple votera sur une initiative susceptible de réduire de moitié son budget. Quelles seraient les conséquences pour notre pays quadrilingue et pour la Cinquième Suisse? diteurs lui ont tourné le dos au profit de radios privées et de chaînes étrangères. Plus tard, le Parlement a fait demi-tour pour conserver la FM plus longtemps que prévu. Et la SSR décidait elle aussi de renouer avec les ondes analogiques. Avec ses 17 chaînes de radio et ses 7 chaînes de télévision, la SSR atteint encore plusieurs millions de personnes tous les jours. Mais 95 ans après sa création, elle n’est plus le «feu de camp» du pays. Avant Internet et les services de streaming, la SSR parvenait à créer La SSR pourra-t-elle continuer à diffuser du sport en direct? Telle est l’une des questions du débat pré-votation. Ici: la Coupe du monde de ski à Wengen en 2025. Photo Keystone Revue Suisse / Février 2026 / N°1 4 En profondeur
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