THEODORA PETER ET SUSANNE WENGER La Suisse compte plus de 9 millions d’habitants. C’est trois fois plus qu’au début du XXe siècle. Dans les années d’après-guerre, c’est l’essor de la natalité qui avait provoqué une croissance rapide de la population et, depuis l’an 2000, c’est l’immigration qui s’en charge. Depuis 2002, les travailleurs de l’Espace économique européen peuvent prendre un emploi en Suisse et faire venir leur famille. L’introduction de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE), en contrepartie, a permis aux Suisses de s’installer dans l’espace européen et d’y travailler. Aujourd’hui, plus de 530’000 Suisses vivent dans un pays européen. L’ouverture du marché du travail a provoqué une forte immigration en Suisse. Depuis le début des années 2000, le nombre d’habitants a augmenté de 2 millions pour s’établir à 9 millions de personnes actuellement. En tout, 2,4 millions d’étrangers vivent en Suisse, ce qui correspond à 26 % Combien d’immigrés la Suisse peutelle accueillir? Jamais la Suisse n’avait encore compté autant d’habitants. Son économie florissante suscite une forte immigration. Ce qui assure sa prospérité, mais pose aussi quelques problèmes. La Suisse sera-t-elle bientôt surpeuplée? de la population totale. Deux tiers d’entre eux viennent d’un pays européen, surtout d’Italie, d’Allemagne, du Portugal et de la France. 10 millions d’habitants d’ici 2040 D’après les prévisions de l’Office fédéral de la statistique (OFS), la population résidante de la Suisse pourrait atteindre 10 millions d’ici 2040, et 10,5 millions d’ici 2055. Ce scénario de référence s’appuie sur l’hypothèse que l’immigration continuera à progresser comme jusqu’ici. L’économie suisse a besoin de nouvelle maind’œuvre: ces prochaines années, il y aura davantage de départs à la retraite que d’entrées sur le marché de l’emploi. L’immigration freine le vieillissement démographique, mais ne peut pas l’arrêter. Les plus de 65 ans représentent désormais près de 20 % de la population, et ce chiffre grimpera à 25 % d’ici 2055. Les travailleurs immigrés font tourner l’économie, paient des impôts et participent au financement de la prévoyance vieillesse. Pourtant, la croissance rapide de la population crée un malaise: on parle même de «stress dû à la densité de la population». Les conséquences de ce phénomène sont perceptibles surtout dans les centres-villes, où l’espace habitable se raréfie (à ce sujet, voir aussi pp. 9–10). Près des deux tiers de la population suisse se concentrent déjà sur le Plateau, entre le lac Léman et le lac de Constance. En raison de cette densité, les pendulaires se retrouvent bloqués dans les embouteillages aux heures de pointe ou se pressent dans des trains, bus et trams bondés. Les responsables politiques ne restent pas les bras croisés: le Conseil fédéral prévoit des investissements de plus de 40 milliards de francs dans le réseau des transports d’ici 2045. Une initiative UDC exige un plafonnement Pour l’Union démocratique du centre (UDC), cette croissance «incontrôlée» de la population va trop loin. Le 14 juin 2026, le peuple se prononcera sur son initiative «Pas de Suisse à 10 millions!». Concrètement, l’UDC propose d’inscrire dans la Constitution que la population résidante permanente du pays ne doit pas dépasser 10 millions de personnes avant 2050. Les conséquences de la croissance sont perceptibles surtout dans les centres-villes et dans les transports, car la Suisse compte de plus en plus de pendulaires. Ici, la gare de Lucerne. Photo Keystone Revue Suisse / Avril 2026 / N° 2 4 En profondeur
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