Revue Suisse 2/2026

Les immigrés jouent un rôle important sur le marché suisse de l’emploi: ils construisent des routes et des maisons, soignent les patients des hôpitaux, programment des ordinateurs ou développent de nouveaux produits. À la fin de 2025, environ 1,9 million d’étrangers travaillaient en Suisse: ils représentent désormais 35 % de la main-d’œuvre du pays, contre 25 % il y a 20 ans. La part de la population active suisse, quant à elle, se réduit: la génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1964) a pris sa retraite ou la prendra bientôt, et la relève fait défaut en raison du faible taux de natalité. 80 % des travailleurs étrangers viennent de pays de l’Espace économique européen. Près d’un million d’entre eux ont rejoint la Suisse depuis l’introduction de la libre circulation des personnes. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne (UE), entrés en vigueur en 2002, permettent aux entreprises suisses d’accéder librement au marché intérieur européen et de recruter aisément des professionnels qualifiés dans les pays de l’UE/AELE. La plupart des étrangers Plus de la moitié des immigrés viennent en Suisse pour travailler. Ils contribuent à la croissance économique et au bon fonctionnement du système de santé. D’après une étude de la Banque nationale, la Suisse pourrait manquer de 400’000 travailleurs d’ici dix ans. nuels manquent d’apprentis. Dans le bâtiment, l’industrie des machines et l’hôtellerie, des milliers de places d’apprentissage restent vacantes chaque année. L’offensive pour la formation ne suffit pas La demande de main-d’œuvre est constante aussi dans le secteur de la santé, en pleine croissance. Entre 2010 et 2020, 188’000 nouveaux emplois y ont été créés, comme le montre un rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes. Près d’un tiers de ces emplois ont été confiés à des travailleurs de l’UE/AELE. Au Tessin et dans la région lémanique, la part de la main-d’œuvre étrangère est nettement plus importante: de nombreux pendulaires franchissent tous les jours la frontière italienne ou française pour venir travailler dans des établissements de santé suisses. Parmi les médecins en exercice, plus de 40 % viennent de l’étranger, et la moitié d’entre eux d’Allemagne. Pour réduire cette dépendance à la main-d’œuvre étrangère, la Confédération et les cantons ont augmenté ces dernières années le nombre de places d’études en médecine humaine dans les universités suisses. Cette offensive pour la formation ne couvre cependant pas entièrement les besoins, comme le montrent les chiffres travaillent dans des secteurs économiques très demandeurs en maind’œuvre, par exemple la gastronomie ou le bâtiment. Dans certains métiers, comme maçon ou poseur de revêtements de sol, la part des étrangers atteint même 60 %. Dans le domaine du bâtiment, en plein essor, les besoins en maind’œuvre qualifiée sont particulièrement importants en ce moment: les carnets de commandes sont pleins et le chiffre d’affaires est en hausse. On construit davantage de logements, et les pouvoirs publics investissent dans l’extension des infrastructures. La Société Suisse des Entrepreneurs pense que la demande de maind’œuvre continuera d’augmenter, notamment parce que les métiers maLes immigrés jouent un rôle clé sur le marché suisse de l’emploi. La plupart travaillent dans des secteurs économiques très demandeurs en main-d’œuvre, par exemple dans des restaurants ou des hôtels, comme sur les photos du milieu et de gauche. Photos Keystone Revue Suisse / Avril 2026 / N° 2 6

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