Revue Suisse 4/2026

INTERVIEW: EVELINE RUTZ Votre première intervention à ce sujet a échoué en 2024. Pourquoi cette nouvelle tentative? Elisabeth Schneider-Schneiter: En tant que membre du Conseil des Suisses de l’étranger (CSE) et responsable de politique extérieure, je voyage dans le monde entier et constate que le problème n’a pas disparu. Au contraire: de plus en plus de Suisses passent leurs vieux jours dans un pays qui ne fait pas partie de l’UE ou de l’AELE. Ils perdent leur assurance-maladie obligatoire et ne trouvent pas de solution de rechange équivalente. Notre loi sur l’assurance-maladie, qui date des années 1990, ne tient pas compte de cette réalité. C’est pourquoi je relance la question de la prolongation facultative de l’assurance. Il y a deux ans, seules six voix vous ont manqué pour réussir. C’est exact. En 2024, notre travail de lobbying a été insuffisant. J’insiste sur le fait que je n’exige pas de solutions toutes faites de la part du Conseil fédéral: je veux simplement l’enjoindre à examiner la situation de près. Les personnes concernées ont droit à cela. Quels nouveaux arguments avez-vous pour convaincre vos collègues parlementaires? Le problème ne concerne pas que quelques cas particuliers: il s’agit d’une lacune structurelle que beaucoup ignorent, hélas. Je vais aussi insister davantage sur les arguments économiques. Les Suisses de l’étranger ne touchent en général aucune prestation complémentaire et ne font appel à aucune structure «Il s’agit d’une lacune structurelle» Les Suisses qui vivent dans des États tiers hors de l’UE/AELE possèdent souvent une assurance-maladie insuffisante. La Centriste et membre du CSE Elisabeth Schneider-Schneiter voudrait que la Confédération recherche une solution à ce problème. La Suisse a tout intérêt, dit-elle, à ce que ses expatriés se fassent davantage soigner là où ils habitent. de soins onéreuse. Cela décharge notre système social. Si les Suisses vivant dans des États tiers pouvaient s’assurer convenablement, ils se feraient traiter sur place lorsqu’ils ont besoin de thérapies coûteuses. Ce problème est-il devenu plus brûlant qu’avant? Oui. La mobilité internationale a pris de l’ampleur. Il y a parmi les expatriés un nombre croissant de retraités qui ont du mal à vivre de leur rente AVS en Suisse. Ils s’installent dans des pays où la vie est moins chère et où ils peuvent se faire soigner à moindre prix. Souvent, ils ont contribué au financement de notre système pendant des dizaines d’années. Il y a aussi de plus en plus de Suisses qui partent à l’étranger pour quelques années, pour des raisons professionnelles. Quel pourrait être le modèle adéquat? Il s’agit de le déterminer. Il faut analyser différents modèles puis définir des conditions claires. Qui pourra s’assurer? À combien s’élèveront les primes? Quelles prestations seront comprises? Et quelle sera la participation aux frais? L’objectif est de trouver une solution équitable, qui soit également viable pour les caisses-maladie. L’idée n’est pas simplement d’exporter le modèle suisse. Est-ce que cela signifie qu’un partenariat public-privé est nécessaire? Absolument. Je suis en contact avec les caisses-maladie, qui pensent aussi qu’une base légale est indispensable. Combien la Suisse pourrait-elle économiser si le «tourisme médical» diminuait? Je ne connais pas les chiffres officiels. Mais des médecins me disent qu’un La conseillère nationale Elisabeth Schneider- Schneiter (Centre/BL) a déposé un nouveau postulat au Parlement pour une prolongation facultative de l’assurance-maladie des Suisses qui vivent dans un États tiers. Photo Keystone Revue Suisse / Octobre 2026 / N° 4 28 Politique

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