Revue Suisse 4/2026

«Si l’on dit oui à une 13e rente AVS, on doit aussi être conscient que celle-ci a un coût.» Thomas Rechsteiner, conseiller national centriste La 13e rente AVS arrivera automatiquement La 13e rente AVS sera versée en décembre, avec la rente mensuelle ordinaire. Les bénéficiaires de l’AVS en seront informés au préalable. Les personnes qui ont droit à une rente de vieillesse depuis le 1er janvier 2026 trouveront les explications à ce sujet dans la décision de rente. Les retraités AVS vivant à l’étranger ne doivent entreprendre aucune démarche. La 13e rente AVS correspond à un douzième de la rente de vieillesse annuelle d’un assuré. Le montant que chacun touchera dépend de ses cotisations et revenus personnels. Les personnes seules toucheront au maximum 2520 francs, et les couples mariés, au maximum 3780 francs. La 13e rente AVS n’a aucune influence sur les prestations complémentaires: elle ne sera pas prise en compte dans leur calcul. Les veuves et les orphelins ne toucheront aucune rente supplémentaire. La rente d’invalidité continuera elle aussi d’être versée douze fois par an. (ERU) biens de consommation courante, comme les produits alimentaires, les médicaments, les livres et les journaux, resteraient soumis à un taux réduit de 2,6 %. En revanche, le taux spécial pour l’hébergement passerait de 3,8 à 4 %. La hausse de la TVA pourrait rapporter 1,5 milliard de francs par an. Ce qui ne financerait même pas la moitié de l’extension des prestations de l’AVS. Aucun camp politique n’est réellement satisfait de cette solution. Mais ils ne sont pas d’accord entre eux sur la manière de financer la 13e rente. Les compromis sont ardus, comme le montrent aussi les réactions que suscite la réforme «AVS 2030». Le Conseil fédéral veut notamment inciter les citoyens à continuer de travailler après 65 ans, sans toutefois relever l’âge de la retraite. Le Parlement devra bientôt se pencher sur l’avenir de l’AVS. Le débat sur la prévoyance vieillesse est donc loin d’être terminé. durables. Une solution limitée dans le temps aurait accru l’urgence d’adopter des réformes structurelles. Des votes serrés Des lignes de fracture sont apparues non seulement entre les pôles du spectre politique, mais aussi au sein des partis. Les députés susceptibles d’adopter des positions divergentes ont été mis sous pression. Les décisions se sont toujours jouées à quelques voix près. Après d’âpres débats, les camps morcelés se sont mis d’accord sur une première étape à la session d’été, à savoir une augmentation durable de 0,4 % de la TVA pour financer au moins une partie de l’extension des prestations. Et comme la Constitution fédérale doit être modifiée à cet effet, le peuple et les cantons seront appelés aux urnes. Au départ, le Conseil fédéral proposait de relever la TVA de 0,7 % jusqu’en 2030. Mais les Chambres fédérales ont développé leurs propres modèles de financement. Au Conseil des États, une alliance du Centre et du PS fixait le cap: son idée était d’augmenter la TVA de 1 % maximum. Après de vives critiques au Conseil national, la Chambre haute a fait marche arrière, en se limitant à une hausse de 0,4 % de la TVA, couplée à une augmentation des cotisations salariales. Se contenter de relever la TVA, indiquait la majorité du Conseil des États, ferait peser une charge relativement plus élevée sur les citoyens à faible revenu que sur ceux qui gagnent bien leur vie. Et miser uniquement sur les déductions salariales ferait que les personnes à plus haut revenu seraient mises davantage à contribution. Une solution mixte permettrait de garantir le financement de la 13e rente AVS de manière équitable à long terme.Mais cette solution n’a pas convaincu le Conseil national. L’UDC, le PLR et le PVL se sont opposés à l’augmentation des cotisations salariales. Il faut conserver l’attrait du travail, ont-ils martelé, arguant que la charge qui pesait sur les travailleurs était déjà très lourde. «Nous ne voulons pas que la redistribution des jeunes vers les personnes âgées augmente, car cela rompt l’équilibre intergénérationnel», a déclaré le conseiller national PVL Patrick Hässig. Relever la TVA, a-t-il dit, serait un moindre mal: ainsi, l’extension des prestations serait financée y compris par les personnes sans revenu professionnel, notamment les retraités et les touristes. Mais le PVL et les partis bourgeois n’étaient prêts à adopter cette mesure que de manière transitoire. Il s’agit d’assurer les rentes à long terme, ont-ils insisté. Or, pour cela, des réformes structurelles rapides sont nécessaires, par exemple des incitations à travailler plus longtemps ou des mesures de stabilisation automatiques, tenant compte de l’évolution démographique. Néanmoins, les Vert’libéraux n’ont pas voulu risquer de mettre ce financement supplémentaire en péril. Par un revirement de dernière minute, ils ont voté, à contrecœur, pour une hausse de la TVA illimitée dans le temps. Des prix plus élevés dès 2028 Si le peuple l’accepte aussi, les entreprises auront deux ans pour adapter leurs prix. Dès 2028, les consommateurs devraient payer plus. La TVA serait relevée de 8,1 à 8,5 %. Les Revue Suisse / Octobre 2026 / N° 4 9

RkJQdWJsaXNoZXIy MjYwNzMx